Tokyo Babylon et sa relation problématique

– publié en France par Tonkam (en arrêt de commercialisation) –

Tokyo Babylon, un manga du studio Clamp sorti au début des années 90, revient sur le devant de la scène avec l’annonce d’une nouvelle adaptation en anime pour janvier 2021. Enquêtes paranormales et relation poignante au programme : le titre nous plonge dans les tourments d’une ville moderne et d’un couple fictif guetté par un destin tragique. Quoique la crainte du tournant des années 2000 soit aujourd’hui révolue, des thèmes restent intemporels. Par contre, le public va-t-il offrir le même accueil à ces personnages qu’il y a vingt ans ?

Subaru et Seishirô sont deux hommes, onmyôji (spécialistes en magie et divination), âgé de 16 ans pour le premier et de 25 pour le second. Ils appartiennent à des clans rivaux. Subaru est bon, soucieux du bonheur des autres et tend à s’effacer au profit d’autrui ; Seishirô est un assassin froid derrière son sourire poli, il remarque la douleur des autres mais ne la ressent pas. Rajoutons que Seishirô a marqué Subaru quand ce dernier n’était qu’un enfant et nous nous trouvons face à une paire problématique s’apparentant à celles décriées sur les réseaux sociaux. No good?

Sur internet, des commentaires laissent parfois croire qu’il y aurait des ships (fictifs) valides et d’autres qui le seraient moins parce que « problématiques ». Différence d’âge, de statut, inceste, abus… Tout prête à s’embraser et ce n’est pas toujours une question de popularité. Avoir des opinions, des goûts et les partager… il n’y a pas forcément de mal mais se faire agresser ou lire des commentaires désobligeants parce qu’il ne s’agit pas du couple « correct » déroute. Tel personnage se montre immoral et ne doit pas apparaître en compagnie de ce jeune innocent, tel autre est trop vieux pour une union avec un mineur… Pas de discussions mais des leçons, hate ou shitpost. Nous entrons dans un cercle où la nuance, la prise de recul et l’échange critique ne sont plus les priorités. Amusant alors de revoir cette liaison tourmentée avec un adulte clamant son amour pour un lycéen dans les animes attendus pour la saison prochaine.

Avec Tokyo Babylon, le studio Clamp nous rappelle la différence entre fiction et réalité. Dans le récit, il n’y a pas de surprises. Le lecteur sait que quelque chose sonne faux et il se doute que cela va mal se terminer. Seishirô le répète et Subaru le rêve. Il n’y a pas de revirement possible non plus. Tragique, l’histoire déroule son piège implacable et elle pousse ses figures vers la fatalité. Pourtant, malgré la cruauté du destin, peu d’apitoiement se ressent. La démesure de la passion, cet amour exclusif où seul l’autre devient spécial et pour lequel ils acceptent de se sacrifier, pousse la paire à la limite de la folie. Par là, leur lien devient mémorable. Intrigue merveilleuse mais déchirante. Belle et cruelle à la fois. Le récit émeut et sans aller jusqu’à croire qu’il nous instruise, se troubler pour une flamme violente dans un livre tout en se prévenant de vouloir la vivre reste possible. En effet, ce n’est pas parce que nous apprécions un ship « problématique » que nous souhaitons faire face aux mêmes problèmes.

La relation tragique entre Seishirô et Subaru trouve sa conclusion – et son apogée – dans X/1999. Les sentiments sont forts, ambigus, laissant entrevoir un univers dur où les gens se trahissent et souffrent. Les enquêtes du jeune exorciste traitent de suicide, de viol, de harcèlement, de maladies avec des réflexions sur la vieillesse, le handicap, l’environnement ou autre. Malgré le temps, des sujets se retrouvent… Guère positif. Néanmoins, comme le disent les personnages de Tokyo Babylon, ils aiment cette ville. Même conscient de et côtoyant sa noirceur, ils ne la haïront pas. Ils vivent dans la cruauté du monde et continueront de trouver matière à apprécier.

Si Tokyo Babylon s’inscrit dans son époque, le titre et la conclusion de la relation entre ses personnages dans X/1999 restent de qualité, plus marquant que nombre d’autres ayant suivis. Parfois légère, d’autres fois plus lourde, l’histoire de Subaru, de sa sœur Hokuto et de son soupirant Seishirô continue de trouver un attrait. Encore maintenant, nous pouvons nous passionner pour une relation tragique ; encore maintenant, nous pouvons regretter des dérives mais aimer.

Une nouvelle version de l’anime est prévu pour 2021.

gbf gw 54

Granblue Fantasy Unite & Fight event ended yesterday. Good work everyone! The event is great for rewards but tiring… ヾ( ̄□ ̄;)ノ

I thought about writing something to keep track of my gw experience before but didn’t do it. I don’t even take screenshots of my rank or crew matches usually… But now that I put this blog on again, I’ll try.

For those who aren’t familiar with the game, Unite & Fight is the crew vs crew event, in which people farm meat during prelims before fighting against another crew during 4 finals day. There’s also a last boss crew battle but except for the rewards one get as long as the crew defeats him (even without taking part in it), the battle itself isn’t so big.

My previous crew disbanded after gw 53 ( .. ) The captain wasn’t so motivated by the game anymore and noone wanted to take over or take the crew’s responsabilty. I was a bit sad as I was in the same group as some of those guys for more than 2 years but it’s ok. We’re still in touch in discord.
But because of that, I had to search for a new crew… I joined a japanese crew for the 1st time! It’s fun. My japanese isn’t good but I try to understand (and if I can’t, I ask one of my previous crewmate for help). They’re so active and they seem really motivated! Thanks to them, I had a nice run this dark-advantaged gw. !(•̀ᴗ•́)و ̑̑ Thanks!

To be honest, I feel a bit shameful about my honors… I wish I had helped the crew more but living in Europe makes it hard to play during gw hours (jp 7am-12am). I played on full auto on my old mobile phone during work (oops (ó﹏ò。)) and the time taken for each raid was longer than on my laptop and much longer than the one indicated on japanese sites. My FA on 150 took 15-19 turns for around 10 minutes. (╥_╥)

For meat farm, I used a team with mc zerker, Seox, Vase and Clarisse. One button + attack. For 90, managed to 1-turn with mc chrys, Shalem, Seox and Nier. Grid used was magna with 4 avatar staves. 95 was mc lucha and 100/150 mc lumberjack, Vicky, Seox and Orchid with highlander hades. I generally dislike 95 because full auto doesn’t seem so worth compared to manual time but Europe ping makes clicking buttons not so fun either.

And for the 1st time, I drew a pic in relation to this gw! Thanks Seox for carry! You were my 1st eternal, 1st eternal lvl100 and forever my fav’ one. ♡〜٩( ╹▿╹ )۶〜♡

Top 70k this gw again! ٩(ˊᗜˋ*)و It was tiring but I’m glad.

ヽ(´∇´)ノ (∇´ノ) ヽ(   )ノ (ヽ´∇) ヽ(´∇`)ノ

MHA – Équipe héros contre équipe vilains

– publié en France par Ki-oon et chaque semaine sur MangaPlus

L’équipe A est prête pour une nouvelle confrontation avec l’équipe B : les joueurs ont pris leurs positions, leurs expressions se sont assombries, leurs équipements ont été choisis, ils sont parés pour l’action… Une seconde. Il ne s’agit pas d’un manga sportif ! Le temps des travaux en groupe ou autre rivalité scolaire est passé. Ce sont les « héros » contre les « vilains » ! Les « bons » contre les « mauvais ». Vraiment ? Pourtant, curieusement, cette équipe de méchants suscite une légère sympathie, à l’image de ces adversaires sur le terrain que nous souhaiterions encourager de temps à autre.

My Hero academia, titre connu du Jump dont la prépublication a commencé en 2014, présente un monde dans lequel les super-pouvoirs sont courants et où des super-héros combattent le mal des super-vilains. Inspirée par les comics, la trame suit un garçon faiblard dont le destin change brusquement après sa rencontre avec le n°1. À présent, lui aussi va devenir un super-héros.

En général, le héros shônen possède des qualités favorisant le désir d’identification. Izuki se montre poli, appliqué, enthousiaste, avec un grand sens de la justice. C’est bien ; mais son histoire ne touche pas forcément. Alors, pour mettre en scène plus de diversité, l’auteur porte un grand soin à l’approfondissement des autres protagonistes : le deutéragoniste Katsuki avec son tempérament arrogant et agressif, l’antagoniste Tomura avec son instabilité mentale… Non. Nous n’allons pas tous les soutenir. Nous voyons leurs défauts et nous n’excusons pas chaque lubie. Ceci dit, suivre l’évolution des compagnons d’Izuki fait plaisir, suivre l’évolution du groupe des vilains… fait plaisir aussi ?

Dans le shônen d’action moderne habituel, il semble plus courant de se trouver face à un ennemi qui doit être arrêté dans son délire idéologique, tué pour lui permettre de trouver sa paix intérieure ou suffisamment approfondi pour que sa rédemption à venir et le changement de camp enthousiasme malgré les erreurs passées.

Dans My Hero academia, les ennemis sont creusés et pour certains, l’orientation se voit expliquée. Tomura, Himiko ou Dabi ont souffert et l’environnement dans lequel ils ont grandi, associé au manque d’accompagnement, les a poussés vers des choix radicaux. Ils auraient pu prendre un chemin différent mais quand la figure d’autorité oppresse et le pouvoir en place écrase, la violence qu’ils expriment ne devient-elle pas compréhensible ? Si la vengeance les aveugle, probablement pas ; si des aspirations plus grandes les animent et trouvent un écho, peut-être. Sans pour autant imaginer un monde à l’envers, leurs tentatives pour renverser le pouvoir en place en gagnant l’opinion interpellent. Pardonner, prendre sur soi, aller de l’avant, c’est joli mais parfois, cela ne suffit pas. Shoto accepte à nouveau le contact avec son père mais la prise de conscience de ce dernier des blessures infligées a nécessité un choc. Endeavor tente de changer mais ses abus, alors qu’il se tenait en position de force, s’effacent difficilement. Voir les fautes d’un puissant exposées publiquement, c’est indiscret mais il y a un appel. Les méchants arrivent comme miroirs des héros et montrent ce qu’un cadre néfaste peut avoir comme conséquences dans le développement. Et, parce qu’ils ont conscience des dérives du système et veulent se battre pour leurs propres idéaux, ils s’affichent en opposants. Ils sont mauvais mais en même temps, ils ne semblent pas les plus coupables… Leurs opinions sont impropres mais en même temps, pas toutes condamnables. Leurs discours et leurs conséquences rappellent la fenêtre d’Overton avec sa carte des idées allant de l’impensable au populaire et finissant sur le politique. L’approche de Tomura paraît trop extrémiste pour être acceptée mais sa perspective, au fil des révélations et des réflexions de chacun, parvient à trouver un public. Les héros sur le podium ne sont pas exempt de défauts et c’est à la génération suivante de proposer un meilleur milieu. Les vilains représentent le mal mais ne sont-ils pas nécessaires ? Il faudrait leur chute pour que le bien grandisse ? Se positionner pour encourager l’un ou l’autre camp devient plus ambigu. Dans les récits de super-héros, les gentils triomphent mais donner trop d’épaisseur aux mauvais risque de les rendre plus attrayants que des héros gentillets, idéalistes et peu au fait des tourments d’autrui.

Cette tendance à user de l’opposition entre bons et méchants pour explorer les discours politiques et réfléchir les sujets d’émancipation serait plus courante dans les comics, dans lesquels le temps permet d’approcher et de remettre en cause divers modèles. En shônen d’aventure moderne, le traitement diffère et laisse parfois dubitatif. Apprécier des combats, des personnages… mais quand la sympathie penche davantage du mauvais côté, un sentiment étrange envahit. L’univers dépeint est intéressant mais pouvons-nous nous forcer à apprécier une organisation demandant un changement ? My Hero academia reste une fiction, nous assistons aux combats en spectateurs sans avoir besoin de prendre parti, tout en éprouvant cet intérêt pour des adversaires qui, à leur manière, permettent aux héros et à leur société de grandir. Nous nous doutons qu’ils perdront mais leur chute n’est pas seule souhaitable.


Note : Ce billet a été écrit suite aux derniers chapitres parus dans le Jump et sans lecture attentive de tous ses arcs, n’étant pas si fan du titre.

BL et omegaverse

Il était une fois, une jeune fille aimant les manga. Malheureusement, les héroïnes de shôjo connaissaient des tourments auxquels elle peinait à s’identifier et si les aventures des shônen lui plaisaient, le rôle donné aux femmes la faisait souvent maugréer. Au hasard du temps, elle se passionna pour différents récits et se familiarisa avec les idées de fandom, dôjinshi et boys’ love. Plutôt qu’imaginer le héros avec la cruche du coin, explorons la nature de ses émois pour ce type dont il ne cesse de causer. Les deux rivaux avoueront-ils leurs sentiments ? Cet amour (idéalisé) triomphera-t-il ?

Le boys’ love… genre auparavant dénigré dont la popularité ne cesse d’augmenter. Ces romances entre hommes gagnent en visibilité et leurs lectrices intègrent l’imaginaire stéréotypé de l’otaku : la BL-lover vit dans son monde sans souci des apparences extérieures, préférant imaginer des couples homosexuels à chercher un copain. Si l’image des fujoshi, ou « femmes pourries », suscite des railleries, de nombreuses fans de manga se reconnaissent dans ce terme. Après tout, il suffit de lire un titre comme Otaku Otaku pour se rappeler que derrière les catégorisations moqueuses, nous avons notre individualité et être une « fujo » n’est pas que pourri.

Dans leur article « Pourquoi les filles aiment-elles le yaoi ? », les Éditions H mettaient en avant la fonction érotique du genre, qui présentait des fantasmes différant des habitudes de la société patriarcale. Les modèles féminins forts sont rares et malgré un intérêt pour un contenu plus sexuel, certaines mises en scènes perverses gênent. Mais, avoir sous les yeux des hommes plutôt que des femmes instaure une distance par rapport à soi et le « c’est à yaoiland » excuse des facilités faisant grincer en d’autres circonstances. Pourtant, au cours de la dernière décennie, l’explosion d’un sous-genre interroge.
Un jour, des fans américains d’une série télévisée créent l’omegaverse, ou A/B/O, un système codifié dans lequel les alpha dominent la société, les beta sont des citoyens lambda et les omega se retrouvent en bas. Inspiré par la hiérarchie sociale et le comportement animal, l’omegaverse met en scène un omega produisant des phéromones attirant l’alpha, lui-même perdant le contrôle de son corps, habité du désir d’être fécondé. Oui, car dans ce sous-genre, les personnages masculins tombent enceints. Si les univers fantaisistes introduisant une dominance hiérarchique fictive sont courants, rarement ils connaissent un attrait au point que chacun s’empare de l’idée. Les travaux commerciaux ou non sur ce thème abondent et au Japon, des magazines spécialisés assurent la progression du cliché. Seulement, pourquoi, alors que des femmes se sentent encore à la merci de leur cycle menstruel, victime du plafond de verre ou bonne à pouponner, lire des histoires dans lesquelles une personne ne peut contrôler ses chaleurs, se fait rabaisser par une société ne la reconnaissant pas apte à travailler et généralement violer après avoir perdu sa raison devant l’odeur de l’alpha dominant ? Hum… C’est de la fiction ? Nous laissons courir notre imagination et nous amusons des quelques avantages que l’omegaverse permet.

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i7 Songs Zine

Earlier this year, I had the opportunity to draw Ryunosuke Riskyな彼女 for i7 songs zine, an idolish7 songs fanzine focusing on the song from the game. Thank you for having me!

This place was closed during the preorder period… so i missed the timing to make a post about it here. Still, if you like fandom projects and would like to support, organizer has merchs and zine 1 leftovers in her shop.